Éclairer le futur est notre métier

Taille du texte: +

Open data : 90% de hors-la-loi, et alors ?

GreenSI a toujours considéré l'open data - au sens large de l'échange de données entre acteurs - comme le moteur de la Smart City, cette ville entrée dans l'ère du numérique.

La perspective d'une ville servicielle, vue par les nouveaux urbanistes comme le mélange entre les services « communs » et les pratiques collaboratives, montre que ce sont ces échanges de données qui vont permettre d'optimiser les services et d'en créer de nouveaux.

Mais pour ce qui est de l'open data né il y a 10 ans en France, le dernier billet montrait que malgré une loi "République numérique" ainsi que des moyens financiers couplés à la dynamique de plusieurs groupes de passionnés, avait du mal à décoller (voir 90% de hors-la-loi, et alors ?). En revanche, les opérateurs de services des villes digitalisaient ces services, et les GAFAs ou les entrepreneurs - par exemple ceux du transport ou de la "Civic Tech" - n'hésitaient pas à changer les règles et à développer de nouveaux services reposant sur le numérique.

La transformation de la ville par les plateformes de données est donc bien engagée en France, mais pas nécessairement avec les acteurs qui étaient attendus au départ, d'où une certaine "anarchie" comme on a pu le voir avec les vélos ou les trottinettes électriques en libre service ("free floating") lancés par des opérateurs chinois.

Le billet de cette semaine s'intéresse à l'autre côté de la relation, celui des usagers de ces services que l'on voit se transformer avec l'intelligence artificielle et va aller regarder ce qui se fait hors de France où elle s'y développe très vite.

L'intelligence artificielle "conversationnelle" est en train de montrer tout son potentiel, car de plus en plus de citoyens sont familiarisés avec les assistants que l'on trouve dans son smartphone, mais également dans la maison, ou la voiture connectée.

Le développement de cet usage est une opportunité pour ancrer encore plus fortement les nouveaux usages des citoyens et vont demander aux collectivités locales de s'adapter, pour ne pas se voir contournées.

Si vous lisez GreenSI, vous savez que la question n'est plus de savoir si l'intelligence artificielle est le buzz de demain ; mais de savoir comment repenser aujourd'hui vos opérations en exploitant vos données et les pans opérationnels de l'IA, comme la reconnaissance visuelle et le conversationnel.

La Smart City ne sera pas une exception !

Après la première vague des applications mobiles qui offrent des services pour mieux interagir avec sa ville (mobilité, loisirs...), les années qui arrivent vont voir se développer dans les villes des interfaces conversationnelles beaucoup plus intelligentes. Les simples chatbots qui émergent sur les smartphones pour personnaliser et contextualiser les services de la ville n'en sont qu'un début. Ce sont bien des interfaces vocales sophistiquées que l'on pourra trouver au coin de la rue. Et pour ce qui est des pays où filmer sur la voie publique n'est pas interdit, ce sera également la reconnaissance visuelle.

L'idée d'une interface conversationnelle qui regroupe le texte et le vocal, voir le visuel si il contextualise, est simple. Pourquoi lancer l'application de bus de ma ville, à supposer qu'il n'y en ait qu'une, pour obtenir l'horaire du prochain bus et décider de le prendre ou de marcher, si je peux directement avoir la réponse en parlant ?

Or aujourd'hui, que ce soit avec les messageries instantanées pour les échanges écrits, ou les assistants vocaux (Siri, Alexa, Google Home...) qui envahissent nos smartphones et nos domiciles, la possibilité de poser cette question directement sera de plus en plus tentante. Et puis, si la question n'est pas assez précise, l'interface repose une question pour la préciser ; par exemple "met une alarme à 7h" donnera "vous voulez mettre une alarme à 7h ou à 19h ?". Après tout, on reste des humains moins précis que les machines ;-)

Retrouver la simplicité d'une conversation, c'est ce qui a incité Vienne en Autriche dans son programme de Smart City à lancer son chatbot, WienBot, disponible sur iOS ou Android. Avec ce WienBot, la communication pour aider les citoyens dans les services de la ville prend généralement la forme d’un dialogue en phrases complètes. Il comprend également les émojis utilisés dans les questions par les citoyens et sait répondre avec. Il s'adapte à l'humain.

Les utilisateurs savent qu'ils discutent avec une intelligence artificielle ; pourtant ils leur arrivent de lui dire merci, de lui demander si elle va bien, voire lui faire demande en mariage pour les plus excentriques. Cet exemple montre qu'avec un projet bien construit, son acceptation par les habitants est très bonne.

On trouve des expériences similaires dans d'autres villes européennes, ou américaines, soit uniquement pour l'interface avec les citoyens et l'objectif de leur donner une réponse, soit pour des demandes administratives pour lesquelles on va également simplifier le travail de l'agent de la ville pour les traiter en allant chercher les informations nécessaires manquantes pour lui.

On entre ici dans le domaine de la RPA - Robotic Process Automation - que les Banques étudient en France pour refondre leurs back-offices, et qui a déjà atteint la sphère publique avec cet exemple à Londres.

Chatbot et RPA sont complémentaires, mais ce sera certainement l'objet d'un prochain billet.

Au-delà du "simple" accès à la donnée, les chatbots qui exploiteront un apprentissage à base d'IA (pas ceux qui ne sont que des FAQs) vont permettre de développer des services prédictifs basés sur les conditions de la ville (circulation, qualité d'air, loisirs...), d'améliorer la détection d'anomalies et la prise de décision, en relation directe avec les citoyens. Les opérateurs de la ville (transport, eau, gaz...) ont déjà développé ces applications intelligentes pour mieux gérer les services qui leurs sont confiés, mais ce qui est nouveau c'est la capacité d'interaction directe des habitants avec ces données ou ces intelligences. Et puis de nouvelles intelligences plus transverses se développeront pour mixer les services.

A partir de là et au-delà d'une masse critique d'usagers, il y aura deux types d'acteurs dans la ville, ceux qui sauront y répondre et ceux qui seront absents de ces nouvelles interfaces.

En effet, le développement de ces interfaces va faire basculer une approche pour l'instant centrée sur les opérateurs et les services (chaque application pensée par chaque opérateur) vers une approche plus transverse centrée sur les citoyens (la conversation). Il sera difficile pour le citoyen de revenir en arrière. Un peu comme quand il a troqué son Minitel pour Internet puis pour son smartphone.

Et puis l'approche centrée sur les citoyens est déjà le point de départ des démarches de "Design Thinking" (ci-contre celle de la FING) qui permettent de faire que l'exécution des services par les agents soit aussi alignée sur les attentes de ceux qui en ont émis la demande.

Dans le e-commerce, c'est ce qui fait déjà la différence entre un Amazon et beaucoup d'autres sites. Quand l'expérience d'achat est accompagnée par les bonnes interactions omnicanales au bon moment, quand elles se poursuivent même après la vente, et quand il suffit de cliquer pour être rappelé par un opérateur, on a du mal à imaginer comment on faisait avant.

Il est donc probable que ceux qui combineront une intelligence conversationnelle avec une nouvelle expérience utilisateurs mettront la barre très haut par rapport à l'expérience du même service aujourd'hui.

Pour les analystes, selon les sources, dans les 3 prochaines années un pourcentage significatif de la population - d'au moins 20% - aura adopté ce type d'interface avec son smartphone, son assistant à domicile et peut-être même sa voiture.

Or, l'expérience montre que la vitesse d'évolution et de déploiement des services urbains et/ou publics est relativement lente, souvent de plusieurs années. Il semble donc important pour les collectivités engagées dans des projets de smart city d'adopter cette vision de nouvelles plateformes d'intelligence conversationnelles dès aujourd'hui et ne pas trop investir dans des services qui se retrouveraient en total décalage demain. Par exemple, des applications mobiles un peu trop sophistiquées dans leur interface et des données non ouvertes qui ne seraient pas accessibles par API : un sujet à intégrer dans les prochains schémas directeurs des systèmes d'information.

Mais c'est une chose d'avoir une vision, c'en est une autre de savoir comment la mettre en œuvre.

Le ticket d'entrée en IA est soit faible, si on a les données et que l'on est prêt à utiliser des services à la demande (qui existent déjà et outillent des villes hors France), soit très élevé et certainement inaccessible pour la majorité des collectivités si elles veulent le développer en interne.

C'est donc à nouveau la question du "faire seul", faire ensemble (mutualisation) ou sous-traiter (délégation de service) qui est posée, aux collectivités pour ces services numériques qui viendront compléter ceux des opérateurs. Pour GreenSI, l'arrivée d'une interface conversationnelle dans la Smart City est donc certainement de nature à redistribuer les cartes de ses services.

Compte rendu de la KotlinConf 2018
Christine Lagarde : « Nous sommes sur le point de ...
 

Commentaires

Pas encore de commentaire
Already Registered? Login Here
Guest
dimanche 18 novembre 2018

Image Captcha

Copyright © 2018 SLA
167 Chemin des Combes 74110 Essert-Romand - tel : 04.50.83.06.79 - Mobile : 06.75.23.84.11

Mentions légales    -    Politique de confidentialité    -    Plan du site

IMPORTANT

copyright

 Notre blog est un blog de Curation, aussi les articles publiés proviennent-ils de différents flux RSS et nous ne prétendons, en aucune manière, nous en attribuer la paternité. Si vous souhaitez lire l'article original sur le site d'origine, il vous suffit de cliquer sur "Lien d'origine " qu se trouve à la fin de l'article.

Traduire

frendeitptrues

Rechercher

CES 2018

Un CES qui fait whoa !

Regard sur le CES 2018

Témoignages

Ils ont assisté à nos séminaires et ils donnent leurs avis.

Ce que les participants en pensent

Programme 2018 - 2019

Aller au haut