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Oui, le digital tue ceux qui ne s'adaptent pas

Malgré l'actualité autour de Facebook, cette semaine GreenSI ne va pas vous parler de données personnelles exploitées par des plateformes (ce que le grand public fait semblant de découvrir) mais plutôt de méthode et de nouvelles façons de faire et de penser à l'ère du digital (#FlipYourMind).

Les hackathons sont ces évènements-compétitions organisés pour faire émerger des prototypes de nouvelles idées.

Ce sont des évènements car ils ont un côté ludique et surtout social en faisant que des participants aux compétences complémentaires se rencontrent souvent pour la première fois ce week-end-là. Ce sont également des compétitions car ils motivent les participants avec des prix financiers de plusieurs milliers d'euros. Les hackathons sont clairement ancrés dans l'ère du temps, celle des "makers" et de l'émergence de talents.

GreenSI les a découverts au tout début de leur apparition en France vers 2011 et avait écrit un premier billet en 2012 sur "un hackathon pour innover à la DSI en mode start-up". C'était les débuts du mobile et les hackhathons semblaient adaptés au développement de prototypes d'Apps, sujet qui était alors un casse-tête à la DSI tant cela changeait de la méthode projet du cycle en V.

Deux ans plus tard GeenSI avait constaté que le message était bien passé et que des grands groupes comme GDFSUEZ (aujourd'hui Engie) ou SNCF, l'utilisait comme un outil d'innovation pour engager leur transformation numérique et un outil de rencontres avec des étudiants plein de projets pour transformer leur industrie... pour mieux les recruter.

Quatre ans plus tard, en 2018, limiter les hackathons au développement d'applications informatiques serait cependant un manque de perspective.

Les hackathons sont devenus un outil dans la palette du Chief Digital Officer pour explorer de nouveaux sujets dans la transformation digitale et tisser des liens avec porteurs d'idées. Dans le secteur public c'est aussi un moyen d'associer des citoyens ou le monde associatif sur des projets de développement de la ville et de ses services.

 

On trouve également de évènement plus ciblés sur un des aspect de la transformation comme des "data hackathons" pour résoudre des problèmes avec des données (comme lors de ROOMn 2017) ou des hackathons pour imaginer de nouveaux business modèles.

Ce phénomène est mondial. Vous pouvez chercher le mot "#hackathon" sur Twitter chaque week-end vous en découvrirez des dizaines à chaque fois à travers le monde qui sont en train de se dérouler. Même chose avec le prisme de Google, les recherches ont triplé en nombre de 2013 à 2017. Il y a d'ailleurs un site pour rechercher les rechercher tous ;-)


Aujourd'hui les compétences qui se rencontrent dans les hackathons ne sont plus uniquement celles des développeurs. Le design, l'écologie, le social, la data science, le marketing... font aujourd'hui parti des thèmes des projets et les gagnants ne présentent plus un Nieme projet de développement d'une application mobile mais sont portés par des projets plus complets dans lequel la technologie n'est qu'un moyen. Les organisateurs ont donc aussi beaucoup évolué en se dotant de compétences plus transverses pour organiser ces évènements

Cette année j'ai été membre du jury du hackathon organisé en mars par la Métropole de Saint-Etienne et Suez sur le thème de la Smart City. Le thème était la digitalisation d'un quartier pilote (Beaubrun, Tarentaize, Couriot) en constante mutation.

L'équipe gagnante est principalement composée d'architectes et de designeurs. Ils ont imaginé une plateforme pour gérer les locaux vacants dans le quartier, leur trouver de nouveaux locataires mais également mettre de l'agilité pour organiser des magasins éphémères.

Bien sûr pour réaliser ce projet il faut une plateforme digitale et des API robustes qui s'appuient sur une base de données de qualité, mais elle n'est pas l'objectif final du projet dont l'ambition est la redynamisation d'un centre de ville. Une autre équipe a imaginé transformer un immense mur sur une place en écran numérique géant alimenté par des données locales qui parlent aux habitants (peu connectés), des dessins d'enfants, des petites annonces, des informations locales,...

En février sur la métropole de Grand-Dijon, j'ai également été mentor de projets lors du week-end Power Angels. C'est un évènement sponsorisé par BPI france qui se défini comme un week-end collaboratif, positif et convivial, où les participants sont venus pousser leurs projets pour réinventer la ville.

Un moment très rafraîchissant où, avec le pouvoir des idées le temps d'un week-end, la blockchain devient une monnaie locale et le recyclage une activité du quotidien dans une économie circulaire !

Pendant les 3 jours de l'évènements, des experts venaient coacher les projets tout au long du week-end sur les sujets important pour leurs projets comme le juridique, le référencement internet, la propriété intellectuelle... comme dans un incubateur de startups. A la clef un enrichissement des participants et des projets plus solides dont les pitchs ont été bien rodés.

Ainsi GreenSI constate que depuis au moins 6 ans, les hackathons n'ont cessé d'évoluer et de devenir des outils d'open innovation. Ils s'inscrivent dans les démarches de transformation et même si ce qui en sors est loin d'être prêt à l'emploi, ils ont créé des idées robustes et l'alchimie d'une équipe qui a envie de les porter. C'est pourquoi plus que le prix financier, c'est l'incubation des vainqueurs qui suit le hackathon qui a le plus de valeur pour les participants.

La démarche "Hackathon > Incubation > Fabrication et Déploiement agile", devient donc un chemin utilisé pour aller de l'idée au produit industriel déployé.

GreenSI a donc été très surpris de retrouver dans la revue Usbek & Rica, pourtant très au fait de la transformation digitale, un article très négatif sur les hackathons et qui pose la question du travail précaire gratuit organisé par des entreprises. Outch !

La revue se fait l'écho d'une étude d'une sociologue américaine (Sharon Zukin) qui sur la base de sept hackathons étudiés à New York concluait que ces compétitions de développeurs reposent sur du travail précaire et gratuit. Cela semble être une vision très réductrice de cette chaîne d'open innovation.

Depuis 6 ans GreenSI a également interrogé de nombreux participants et organisateurs de hackathons, certes pas à New York mais en France, et GreenSI n'en tire pas du tout les mêmes conclusions...

Déjà soyons clair, il n'y a bien sûr aucun lien entre les prix des vainqueurs et le travail effectué. Tous les acteurs sont bénévoles et sont venus de leur plein grès. C'est même la principale difficulté pour l'organisation : le recrutement des participants. D'ailleurs certains "serial hackathoneurs" reviennent même à plusieurs hackathons.

D'autre part le coût d'organisation financé par les sponsors dépasse largement la dotation en prix de quelques milliers d'euros puisqu'il faut gérer la logistique de l'évènement (salle, repas, animations,...) et sa préparation par des agences spécialisées comme BeMyApp ou MythMakers. La comparaison avec du travail précaire, et pourquoi pas déguisé, est donc très discutable a moins de dénoncer également ceux qui œuvrent  bénévolement dans leur association en utilisant leurs talents de professionnels.

Les participants rencontrés par GreenSI semblent loin d'être les nouveaux esclaves du monde moderne. Généralement jeunes et plein de motivation pour une cause en lien avec le thème du hackathon, ils viennent chercher des contacts, de l'expérience et pourquoi pas un titre à ajouter sur leur CV. Quand on leur pose la question sur leurs déceptions, la réponse est plutôt de ne pas avoir pu poursuivre le projet auquel ils croyaient et qui n'a pas gagné. D'ailleurs parfois ils le remettent sur la table à un prochain hackathon pour le rendre plus robuste avec de nouveaux équipiers.

Ensuite vient la question de la propriété intellectuelle. Elle est essentielle bien sûr pour que l'équipe puisse exploiter son idée qui aura pourtant été médiatisée. Cette propriété est prévue par les règlements signés par l'intermédiaire des organisateurs. Si cela se passe mal c'est la réputation de l'organisateur qui sera également entachée au sein de sa communauté ce qui lui compliquera l'inscription de participants à ses prochains évènements, un élément essentiel de son propre business modèle. En effet pour sélectionner une agence le critère le plus important n'est pas nécessairement le prix mais bien la capacité de l'agence à mobiliser des participants pour que, comme par magie, le jour J la salle soit remplie !

Il faut donc rester lucide, les entreprises qui exploitent les idées des participants comme certains voudraient le faire croire est certainement une vision très exagérée. Et puis tout le monde sait que l'idée n'est rien sans une capacité de mise en œuvre. Et c'est justement cette capacité que viennent chercher les entreprises dans l'open innovation, plus que les idées : tisser des liens avec l'équipe qui porte ces idées est donc le plus important. Et ça tombe bien car les profils d'entrepreneurs en entreprise ne sont pas légions, d'où l'accompagnement des premiers prix par une phase d'incubation en partenariat avec un incubateur labellisé French Tech.

Alors le hackathon système organisé de travail déguisé et le pillage de la propriété intellectuelle ? Et bien peut-être à New York, et il y certainement eu des abus en France aussi, mais GreenSI n'y croit pas. Le phénomène a pris trop d'ampleur et s'inscrit de façon forte dans la démarche de transformation qui concerne toutes les entreprises et également le service public.

GreenSI pense que les hackathons sont des outils qui vont se standardiser, comme les salons, les rencontres d'affaires ou les petits déjeuners dans la communication et le marketing. Ils peuvent être utilisés en interne et en externe (clients,usagers....), avant le lancement de projets qui se poursuivront par une démarche agile et itérative qui justement a besoin d'une implication forte des futurs utilisateurs.

Sur les sujets de l'entreprise numérique de demain on va impliquer plus en amont les DSI (ou les Directions Digitales) pour organiser les études de besoins avec de multiples équipes agiles sous la responsabilité directe des entités opérationnelles qui mobilisent les utilisateurs. Et ça tombe bien car la DSI sera de moins en moins impliquée sur l'infrastructure et les serveurs qui sont de plus en plus exploités en externe avec le Cloud, et en amonts de nouvelles démarches se développent pour gagner l'engagement.

Les hackathons, qui continueront d'évoluer, vont juste devenir incontournables pour initier les projets et souder les équipes diverses et transverses, et certainement remplacer la bonne vieille réunion de lancement de projet avec 15 à 20 personnes autour de la table qui regardent leur smartphone.

Dans la transformation digitale l'engagement de l'équipe se construit très en amont et les hackathons sont des outils adaptés pour cela.

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lundi 16 juillet 2018
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